Stress, troubles du sommeil, fatigue nerveuse, douleurs liées aux tensions… La sophrologie s’est discrètement invitée dans la vie de nombreux Français en quête de bien-être. Pourtant, au moment de régler les séances, une question revient régulièrement : la sécurité sociale propose-t-elle un remboursement de ces soins alternatifs ou faut-il tout financer soi-même ? La situation est subtile, entre absence de prise en charge standard par l’assurance maladie et montée en puissance des mutuelles santé qui misent sur la médecine douce. Comprendre ce qui est réellement remboursé, dans quels cas précis et avec quelles limites devient alors indispensable pour choisir sa couverture santé sans se faire d’illusions… ni se priver d’un accompagnement utile.
Pour beaucoup, la sophrologie reste associée à une image de discipline “à part”, quelque part entre relaxation guidée, respiration et travail sur la pensée positive. Imaginons par exemple Claire, 38 ans, cadre stressée, qui consulte un sophrologue pour mieux dormir et préparer une prise de parole importante. Au bout de quelques rendez-vous, elle observe des effets encourageants… mais également une addition qui grimpe vite. Elle se tourne alors vers sa mutuelle, pensant que la sécurité sociale a peut-être prévu une petite participation. Le verdict est sans appel : pas de remboursement par l’Assurance Maladie pour ces séances spécifiques. Seule sa complémentaire peut, éventuellement, lui accorder une aide financière. Cette situation est devenue la norme.
Derrière cette réalité, se dessine un mouvement plus large : la France voit se développer une véritable “galaxie” de soins alternatifs (ostéopathie, acupuncture, hypnose, sophrologie…) qui séduisent le public, mais restent en marge du système de santé conventionnel. La sophrologie ne fait pas exception : non reconnue comme spécialité médicale, elle n’entre pas dans le circuit classique de remboursement de la sécurité sociale. Malgré cela, certaines exceptions existent, notamment lorsque des techniques de sophrologie sont utilisées par un médecin ou une sage-femme dans un cadre bien défini, comme la préparation à la naissance. Dans le même temps, la concurrence entre les assureurs privés pousse les mutuelles à proposer des forfaits spécifiques de remboursement pour ces pratiques de médecine douce.
En bref :
- La sécurité sociale ne rembourse pas les séances de sophrologie réalisées en cabinet avec un sophrologue non médecin, car elles ne sont pas considérées comme des actes médicaux conventionnels.
- Des exceptions limitées existent : consultations de médecins ou sages-femmes intégrant la sophrologie, notamment pour la préparation à l’accouchement, pouvant être prises en charge au tarif habituel.
- Les mutuelles santé sont aujourd’hui les principaux acteurs de la prise en charge de la sophrologie, via des forfaits “médecine douce”, “bien-être” ou “soins alternatifs”.
- Les systèmes de remboursement varient : forfait annuel global, forfait par séance ou parfois pourcentage des frais, avec des plafonds et conditions précises.
- Le prix moyen d’une séance individuelle se situe entre 50 € et 70 €, laissant souvent un reste à charge même avec une bonne complémentaire.
- Pour être remboursé, une facture détaillée et parfois la certification du praticien (RNCP, adhésion à une chambre syndicale) sont exigées.
- La sophrologie peut aider à gérer le stress, améliorer le sommeil, se préparer à un examen ou à un accouchement, mais ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
Remboursement sophrologie et sécurité sociale : le cadre officiel à connaître
Quand on parle de remboursement, la première référence reste la sécurité sociale. Pour la sophrologie, la règle générale est simple, même si elle peut surprendre : les séances réalisées avec un sophrologue exerçant en libéral ne sont pas prises en charge par l’assurance maladie. La discipline est classée parmi les médecines douces ou “complémentaires”, au même titre que d’autres approches de soins alternatifs. Autrement dit, elle ne figure pas dans la liste des actes reconnus comme médicaux par la nomenclature de la Sécurité sociale.
Cette situation tient autant à l’histoire de la sophrologie qu’à l’organisation du système de soins. La sophrologie s’est développée en marge de l’hôpital et des cabinets médicaux traditionnels, plutôt dans le champ du bien-être, de la relaxation et du développement personnel. Ses outils – respiration, détente musculaire, visualisation – ne correspondent pas à un acte médical codé comme une consultation de généraliste ou une séance de kinésithérapie. L’Assurance Maladie considère donc qu’il s’agit d’un accompagnement non médical, même si les effets peuvent, dans certains cas, soulager le stress ou favoriser un meilleur sommeil.
Pourtant, la réalité sur le terrain est un peu plus nuancée. Certains médecins, psychologues ou sages-femmes se sont formés à la sophrologie et intègrent ces techniques dans leur pratique quotidienne. Dans ce cas, la consultation est facturée comme un acte médical classique : il peut s’agir d’une consultation de médecine générale, d’une séance de préparation à la naissance, ou d’un entretien psychologique. La sécurité sociale rembourse alors cet acte au tarif habituel, à condition que le patient respecte le parcours de soins coordonné (déclaration de médecin traitant, orientation, etc.). Ce n’est pas la sophrologie en tant que telle qui est remboursée, mais bien la consultation médicale globale.
Imaginons par exemple une femme enceinte qui suit des cours de préparation à l’accouchement avec une sage-femme, intégrant des exercices de sophrologie : ces séances peuvent, dans certains cas, être prises en charge par l’Assurance Maladie, car elles entrent dans un cadre médical précis. Même chose pour un patient orienté vers un médecin formé à la sophrologie pour l’aider à mieux gérer une maladie chronique : si un acte médical est facturé, le remboursement suit les règles classiques. Cela reste toutefois l’exception plutôt que la règle.
Pour les séances en cabinet avec un sophrologue indépendant, le coût reste donc entièrement à la charge de l’usager, sauf intervention d’une mutuelle. Cette situation crée parfois des malentendus : certains patients pensent que “tout ce qui touche à la santé” devrait être remboursé par la sécurité sociale. Or le système français repose sur une frontière assez nette entre soins médicaux conventionnels et pratiques de bien-être ou de médecine douce. Comprendre cette frontière, même si elle peut sembler injuste à ceux qui tirent un grand bénéfice de la sophrologie, permet d’éviter de mauvaises surprises.
On constate toutefois une évolution des mentalités. De plus en plus d’hôpitaux proposent des ateliers de relaxation, parfois inspirés de la sophrologie, pour les patients atteints de cancer ou de douleurs chroniques. Ces initiatives ne se traduisent pas encore par un remboursement systématique, mais elles montrent que les frontières entre médecine conventionnelle et soins alternatifs deviennent plus poreuses. Pour le moment, la règle de base reste claire : hors contexte médical encadré, la sophrologie n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie, et il faut se tourner vers sa complémentaire santé pour espérer une prise en charge.
En résumé, la sécurité sociale ne ferme pas totalement la porte à la sophrologie, mais ne la reconnaît pas comme une spécialité médicale autonome. Le patient doit donc s’informer précisément sur le cadre de ses séances, car de ce cadre dépend l’existence – ou non – d’un remboursement.

La sophrologie en pratique : déroulement des séances, tarifs et effets sur le bien-être
Avant même de parler de remboursement, il est utile de comprendre ce que recouvre concrètement une séance de sophrologie. Cette pratique se situe à la croisée de la relaxation, de la respiration et du travail sur la pensée. Elle s’appuie sur quelques grands principes : la respiration consciente, la détente corporelle, la visualisation d’images positives et le développement d’un état d’esprit plus serein. L’objectif n’est pas de soigner une maladie au sens médical du terme, mais de favoriser une meilleure qualité de vie, d’apprendre à gérer ses émotions et son stress.
Lors d’un premier rendez-vous, le sophrologue prend généralement le temps de faire le point avec la personne : raisons de la consultation, contexte de vie, niveau de stress, troubles du sommeil éventuels, douleurs liées aux tensions, préparation à un examen, à une compétition sportive ou à un événement de vie comme un accouchement. À partir de cet échange, un accompagnement personnalisé est proposé : nombre approximatif de séances, fréquence (souvent une par semaine ou tous les quinze jours), axes de travail prioritaires.
Une séance type se déroule en plusieurs temps. D’abord, un moment pour s’installer, se recentrer, parfois debout, parfois assis ou allongé. Ensuite, viennent des exercices de respiration profonde, associés à des mouvements doux destinés à relâcher progressivement les tensions musculaires. Le sophrologue guide la personne avec la voix, en l’invitant à respirer d’une certaine façon, à prendre conscience de son corps, à sentir la différence entre tension et détente. Vient enfin le temps de la visualisation : la personne est amenée à imaginer des scènes apaisantes, des situations de réussite, des images ressources qui l’aident à se projeter plus sereinement.
La durée d’une séance individuelle varie généralement entre 45 minutes et une heure. Les tarifs constatés tournent autour de 40 à 80 € pour une consultation privée, en fonction de la région, de l’expérience du praticien et du cadre (cabinet en ville, maison de santé pluridisciplinaire, exercice rural…). En groupe, les prix sont souvent plus doux, de l’ordre de 15 à 20 € par personne, ce qui rend la pratique plus accessible pour ceux qui acceptent de partager ce moment avec d’autres.
Les objectifs de la sophrologie sont multiples. Beaucoup de personnes la consultent pour mieux gérer un stress envahissant, des ruminations, une anxiété diffuse liée au travail ou à la vie familiale. D’autres cherchent un soutien face à des troubles du sommeil, en apprenant à instaurer un rituel de détente avant le coucher et à apaiser leur mental. La sophrologie est aussi souvent utilisée pour préparer un examen scolaire, un concours, un permis de conduire, ou encore pour accompagner une période de changement comme un deuil, une séparation ou une reconversion professionnelle. Elle peut enfin contribuer à mieux vivre une maladie chronique, en complément du suivi médical, en aidant à prendre du recul et à conserver un espace de calme intérieur.
Parmi les bénéfices fréquemment rapportés, on trouve une meilleure conscience de son corps, une capacité accrue à repérer les signes précoces de stress, et la possibilité de disposer d’outils simples à utiliser au quotidien. Un exercice de respiration appris en séance peut ainsi être reproduit dans le métro, avant une réunion tendue ou le soir au moment de s’endormir. C’est là l’un des atouts de la sophrologie : elle transmet des techniques réutilisables, qui laissent à chacun une forme d’autonomie dans la gestion de son bien-être.
Il est important de souligner que la sophrologie ne remplace pas un avis médical ni un traitement prescrit par un professionnel de santé. En cas de symptômes physiques ou psychiques persistants, un médecin doit être consulté en priorité. La sophrologie se situe plutôt dans le champ de l’accompagnement, de la prévention, de l’hygiène de vie. En se plaçant dans cette perspective, on comprend mieux pourquoi elle est classée parmi les médecines douces et pourquoi le système de prise en charge reste limité côté Sécurité sociale.
À l’heure où se développent les consultations à distance, certains sophrologues proposent des rendez-vous en téléconsultation, via visioconférence. Même si ce mode de pratique ne change rien au niveau de remboursement par la sécurité sociale, il permet à certaines personnes isolées ou à mobilité réduite de bénéficier de la sophrologie sans se déplacer. Une manière moderne de concilier soins alternatifs et contraintes du quotidien.
Comprendre ce fonctionnement permet ensuite de mieux évaluer les enjeux financiers et de décider en toute connaissance de cause du nombre de séances à envisager.
Mutuelles et remboursement des séances de sophrologie : quelles sont les meilleures options ?
Face à l’absence de prise en charge par la sécurité sociale pour les séances classiques, les mutuelles santé sont devenues l’allié principal des amateurs de sophrologie. La plupart des contrats dits “responsables” proposent désormais un volet consacré aux médecines douces ou aux soins alternatifs. Les noms varient : “forfait bien-être”, “pack médecines complémentaires”, “budget prévention”… mais l’idée reste la même : offrir un remboursement partiel sur certaines disciplines comme l’ostéopathie, l’acupuncture et parfois la sophrologie.
Deux grands modes de fonctionnement coexistent. Le premier est celui du forfait annuel : la mutuelle met à disposition une enveloppe (par exemple 150 ou 200 €) que l’assuré peut utiliser librement parmi les disciplines listées au contrat. Il peut choisir de consacrer tout ce budget à la sophrologie ou de le répartir entre plusieurs pratiques. Ce système est souple, mais demande de bien suivre l’utilisation de son “cagnotte”. Le second mode est le forfait par séance : la mutuelle rembourse un montant fixe par rendez-vous (par exemple 30 ou 40 €), dans la limite d’un nombre défini de séances par an.
Voici un tableau simplifié illustrant les types d’offres généralement constatées pour la sophrologie :
Mutuelle (exemples) | Type de remboursement | Montant / Offre indicative | Particularités pour la sophrologie |
Swiss Life | Forfait annuel | Jusqu’à 275 € / an | Enveloppe globale “médecines douces”, utilisation flexible tant que le plafond n’est pas atteint. |
April | Par séance | 30 à 60 € / séance (max. 4/an) | Remboursement conditionné à une facture nominative, gammes modulables selon le niveau choisi. |
Alptis | Par séance | 25 € / séance (max. 5/an) | Pack “bien-être”, montant un peu inférieur mais nombre de rendez-vous plus élevé. |
MGEN | Forfait annuel | 75 à 150 € / an | Réservé aux adhérents de certaines formules, sophrologie incluse dans les médecines complémentaires. |
Asetys | Pourcentage des frais | 50 % des frais réels (plafond annuel jusqu’à 500 €) | Intéressant lorsque les séances sont onéreuses, par exemple en grande ville. |
Pour se repérer, il est utile de garder en tête le coût moyen d’une séance, souvent compris entre 50 et 70 €. Une mutuelle qui rembourse 30 € par séance en laissant 20 à 40 € à la charge de l’assuré peut tout de même alléger significativement la facture, surtout sur une dizaine de rendez-vous. En revanche, si le plafond annuel global est faible (par exemple 75 €), il sera vite consommé en deux ou trois rendez-vous.
Attention toutefois à ne pas changer de mutuelle uniquement pour ce critère. Il arrive qu’une offre très généreuse sur les médecines douces s’accompagne de cotisations élevées. Si la hausse de prime mensuelle dépasse le montant que l’on récupère en remboursement de sophrologie, l’opération n’est pas intéressante. Mieux vaut alors viser un contrat équilibré, qui apporte un bon niveau de couverture sur les postes importants (hospitalisation, optique, dentaire) tout en réservant un budget raisonnable aux pratiques de bien-être.
Pour ceux qui hésitent, une approche simple consiste à calculer ses besoins réels : combien de séances de sophrologie sont envisagées sur l’année ? Quel est le tarif moyen du praticien ? Quel reste à charge est acceptable pour le budget du foyer ? En répondant à ces questions, il devient plus facile de comparer les mutuelles et de choisir un niveau de garanties adapté, sans surpayer un service peu utilisé.
Les mutuelles évoluent régulièrement, ajustant leurs offres en fonction de la demande des assurés. De nouvelles complémentaires, parfois entièrement gérées en ligne, proposent des cagnottes globales très flexibles utilisables aussi bien pour la sophrologie que pour d’autres soins alternatifs. Cette diversité est plutôt favorable aux usagers, à condition de bien lire les petites lignes des contrats.
Au final, ce sont principalement les complémentaires santé qui permettent de donner une dimension financièrement supportable à un suivi en sophrologie. Encore faut-il connaître les différentes modalités de remboursement et leurs limites.

Conditions, démarches et astuces pour se faire rembourser ses séances de sophrologie
Une fois la bonne mutuelle choisie, encore faut-il réussir à faire jouer la garantie sophrologie dans de bonnes conditions. Les assureurs sont de plus en plus précis sur les critères à remplir pour déclencher un remboursement, afin d’éviter les abus et de s’assurer que l’assuré consulte un professionnel sérieux. Chaque détail compte : type de séance, statut du praticien, nature de la facture, respect du plafond annuel.
Premier point incontournable : la facture. Un simple ticket de carte bancaire ne suffit pas. La mutuelle exige en général un document nominatif indiquant le nom et le prénom de la personne ayant suivi la séance, la date, le montant réglé, la mention explicite “sophrologie” ou “séance de sophrologie”, ainsi que les coordonnées complètes du praticien (nom, adresse professionnelle et numéro SIRET). Certains assureurs refusent les feuilles trop vagues qui ne permettent pas d’identifier clairement la nature de l’acte.
Deuxième élément souvent demandé : la qualification du sophrologue. De nombreuses mutuelles demandent que le praticien soit certifié, par exemple inscrit au Répertoire National de la Certification Professionnelle (titre RNCP), ou membre d’une organisation professionnelle reconnue. Cette exigence vise à garantir un minimum de sérieux et de formation. Avant de prendre rendez-vous, il est donc prudent de vérifier ces points sur le site du professionnel ou en l’appelant directement.
Autre nuance importante : certaines mutuelles limitent leur prise en charge aux séances individuelles, en cabinet. Les groupes, ateliers en entreprise ou séances collectives peuvent être exclus du dispositif, même s’ils sont très utiles en pratique. Là encore, il est préférable de jeter un œil au tableau de garanties pour connaître les conditions exactes.
Voici une liste de réflexes utiles pour optimiser ses chances de remboursement :
- Vérifier le contrat de mutuelle : repérer la rubrique “médecines douces”, “soins alternatifs”, “bien-être” et s’assurer que la sophrologie y est bien mentionnée.
- Contrôler le type de forfait : annuel global ou par séance, plafonds et nombre maximal de séances.
- Choisir un sophrologue certifié : vérifier le titre RNCP ou l’appartenance à une chambre syndicale pour répondre aux critères de l’assureur.
- Demander une facture complète à chaque séance, en vérifiant la présence du numéro SIRET et de la mention “sophrologie”.
- Envoyer rapidement les justificatifs à la mutuelle, via l’espace en ligne ou l’application, pour éviter les oublis.
Avec la généralisation des espaces clients numériques, la procédure est souvent très simple : il suffit de photographier la facture et de la téléverser depuis son téléphone. La mutuelle traite ensuite la demande et verse, dans un délai variable, le montant prévu sur le compte bancaire de l’assuré. Certains contrats fonctionnent même en “tiers payant bien-être” avec des plateformes partenaires, mais cela reste encore minoritaire pour la sophrologie.
Certains assurés se demandent si le fait de réaliser une séance en téléconsultation peut changer la donne. Dans la plupart des cas, la mutuelle ne fait pas de distinction entre rendez-vous en présentiel et à distance, dès lors que le praticien fournit une facture conforme. L’Assurance Maladie, de son côté, ne rembourse pas ces séances comme des téléconsultations médicales, puisqu’il ne s’agit pas d’un médecin mais d’un sophrologue. Les conditions de remboursement restent donc strictement celles prévues au contrat de complémentaire santé.
Une autre question fréquente concerne le cumul avec d’autres aides. Par exemple, certains comités d’entreprise, caisses de retraite ou mutuelles d’entreprise proposent des budgets “prévention” supplémentaires, pouvant être utilisés pour la sophrologie. Il peut être intéressant de se renseigner auprès de son employeur ou de son organisme de retraite complémentaire. Dans certains cas, cela permet de compléter le plafond de sa mutuelle et de réduire encore le reste à charge.
Au final, obtenir une participation financière pour ses séances de sophrologie repose sur une équation simple : des garanties adaptées, un praticien reconnu, et des justificatifs bien préparés. Une fois ces éléments réunis, la démarche devient fluide et permet de profiter de la sophrologie sans que le budget ne devienne une source de stress supplémentaire.
Choisir sa mutuelle et intégrer la sophrologie dans son parcours de bien-être
Lorsque la sophrologie commence à prendre une place régulière dans la vie d’une personne, la question du financement s’inscrit dans une réflexion plus globale sur la santé. Il ne s’agit plus seulement de savoir si telle séance sera remboursée, mais de penser sa couverture en fonction de ses besoins réels : soins courants, hospitalisation, optique, dentaire, et bien sûr pratiques de médecine douce comme la sophrologie, l’ostéopathie ou l’acupuncture.
Pour bien choisir sa mutuelle, une méthode consiste à se projeter sur une année type. Prenons l’exemple de Marc, 45 ans, qui souhaite suivre un cycle de dix séances de sophrologie pour apprendre à gérer un stress professionnel important et des difficultés de sommeil. À 60 € la séance, le budget total atteint 600 €. S’il dispose d’un forfait de 200 € pour les soins alternatifs, son reste à charge sera de 400 €. S’il décide de prendre une mutuelle plus chère offrant 400 € de forfait bien-être, mais avec une cotisation annuelle majorée de 300 €, l’opération doit être soigneusement calculée pour vérifier qu’elle reste intéressante. Pour plus d'informations sur les coûts, consultez combien coûte une séance de sophrologie et quels facteurs influencent le prix.
Cette démarche comparative invite à ne pas se focaliser uniquement sur la sophrologie. Une mutuelle moins généreuse sur les médecines douces mais plus efficace sur le dentaire ou l’optique peut au final être plus avantageuse si l’assuré a besoin de lunettes ou de soins dentaires importants. L’idée est de trouver un équilibre entre la part consacrée au bien-être et les postes de dépenses médicales incontournables.
Il peut également être judicieux de se rappeler que la sophrologie vise à transmettre des outils. Autrement dit, après un certain nombre de séances, beaucoup de personnes deviennent capables de pratiquer seules chez elles, en reproduisant les exercices de respiration et de visualisation appris en cabinet. Cela permet de diminuer progressivement la fréquence des rendez-vous payants, tout en conservant les bénéfices sur le long terme. Dans cette perspective, un forfait de remboursement modéré peut suffire, à condition de bien utiliser les séances pour gagner en autonomie.
La place croissante de la sophrologie s’inscrit aussi dans un contexte plus large : celui d’une société où la prévention, l’hygiène de vie et la gestion du stress prennent de plus en plus d’importance. Entre les applications de méditation, les programmes de respiration et les ateliers de cohérence cardiaque, la sophrologie occupe une position singulière, structurée et encadrée, qui rassure beaucoup de personnes réticentes à des approches plus “ésotériques”. Cette dimension structurée explique pourquoi les mutuelles l’intègrent volontiers dans leurs packs “bien-être”.
Certains sophrologues collaborent désormais avec des maisons de santé, des médecins généralistes, des psychologues ou des sages-femmes, dans une logique de complémentarité. Le patient peut alors bénéficier d’un double regard : celui du professionnel de santé pour le diagnostic et le traitement, et celui du sophrologue pour la dimension émotionnelle, la confiance en soi, la gestion des peurs. Même si cette coopération ne modifie pas radicalement le remboursement par la sécurité sociale, elle offre un cadre rassurant et cohérent pour la personne accompagnée.
Enfin, l’essor des formats à distance, comme la téléconsultation en sophrologie, ouvre de nouvelles possibilités. Certaines personnes, trop timides pour franchir la porte d’un cabinet ou vivant loin des grandes villes, osent plus facilement tenter l’expérience derrière un écran. Là encore, la question financière se pose, mais la souplesse du format peut permettre d’alterner entre séances en ligne et pratique autonome, limitant le nombre de rendez-vous payants.
Intégrer la sophrologie dans son parcours de vie, c’est donc articuler plusieurs niveaux : un suivi médical classique en cas de problème de santé, un accompagnement sophrologique pour renforcer ses ressources internes, et une couverture financière adaptée, via une mutuelle choisie avec soin. En gardant ce fil conducteur, chacun peut construire un équilibre entre santé, bien-être et budget, sans renoncer aux bénéfices d’une méthode qui a déjà aidé tant de personnes à mieux respirer, au sens propre comme au figuré.

La sécurité sociale rembourse-t-elle les séances de sophrologie en cabinet ?
Non, les séances de sophrologie réalisées avec un sophrologue en libéral ne sont pas remboursées par la sécurité sociale. La sophrologie est considérée comme une médecine douce et ne fait pas partie des actes médicaux reconnus par l’Assurance Maladie. Le coût reste donc à la charge du patient, sauf si sa mutuelle prévoit une prise en charge spécifique.
Dans quels cas la sophrologie peut-elle être prise en charge par l’Assurance Maladie ?
La sophrologie en tant que telle n’est pas remboursée, mais certaines consultations intégrant des techniques de sophrologie peuvent l’être si elles sont réalisées par un médecin ou une sage-femme, par exemple dans le cadre d’une préparation à l’accouchement. Dans ce cas, c’est la consultation médicale qui est prise en charge, au tarif habituel, dans le respect du parcours de soins.
Quelles mutuelles remboursent les séances de sophrologie ?
De nombreuses mutuelles proposent aujourd’hui un forfait pour les médecines douces incluant la sophrologie : Swiss Life, April, Alptis, MGEN, Harmonie Mutuelle, Asetys et d’autres encore. Les montants et conditions varient : forfait annuel global, remboursement par séance ou pourcentage des frais. Il est indispensable de consulter le tableau de garanties de son contrat pour connaître précisément le niveau de prise en charge.
Quels documents fournir pour obtenir un remboursement de sophrologie par la mutuelle ?
La plupart des mutuelles exigent une facture nominative mentionnant le nom du patient, la date, le montant, la mention ‘séance de sophrologie’ et les coordonnées complètes du praticien, y compris son numéro SIRET. Certaines demandent également que le sophrologue soit certifié (RNCP ou membre d’une organisation professionnelle). La facture doit ensuite être transmise via l’espace client ou l’application de la mutuelle.
Le fait de faire une séance de sophrologie en téléconsultation change-t-il le remboursement ?
Pour la sécurité sociale, la téléconsultation ne s’applique qu’aux professionnels de santé conventionnés. Les séances de sophrologie, même à distance, ne sont donc pas remboursées comme des téléconsultations médicales. En revanche, certaines mutuelles acceptent de rembourser les séances en ligne si le praticien fournit une facture conforme. Les conditions sont alors identiques à celles d’une consultation en cabinet.